Ils font changer les choses...
Du bois et que ça chauffe !
Libin change de combustible
| Equipe Tous au Vert | 16 mars 2011 | Commenter 3 | Partager |
Tout part d’une idée simple : pourquoi se chauffer au mazout, quand le bois fait aussi bien ? Le chauffage au mazout émet énormément de CO2, son transport est un véritable désastre écologique et les prix sont en hausse constante. Evidemment pour se chauffer au bois, il faut avoir un peu de combustible sous la main…
A Libin, dans la province du Luxembourg, le problème ne se pose pas vraiment. 8 000 hectares de forêts, il y a de quoi faire. Les bases du projet ont été jetées en 2005, les travaux ont commencé en 2008 et un an après, une belle chaudière à bois et un réseau de répartition de plus de 700 m étaient installés.
Nous avons voulu savoir comment le projet (un des lauréats du concours Tous au vert) avait changé la vie locale. La réponse grâce à un petit chat avec Valéry Pierlot, un employé communal qui a suivi le projet, et les impressions des habitants :
Combien de bâtiments publics sont aujourd’hui chauffé par le bois à Libin ?
On chauffe ainsi l’administration communale, les écoles maternelle et primaire, la salle de sport, la Poste, le CPAS, la maison de village et l’église.
Combien de particuliers bénéficient également du chauffage au bois ?
Sont également raccordées à notre réseau de chaleur les 22 habitations privées du centre de Libin, un hôtel de 13 chambres, mais aussi 3 habitations sociales et le presbytère.
Ils sont chauffés à 100% au bois ?
Ces bâtiments sont chauffés en grande partie grâce au bois, mais nous disposons également d’une chaudière au mazout qui sert d’appoint lors de l’entretien de notre chaudière au bois ou lors des pointes de froid intense.
En terme d’économies financières, ça représente quoi ?
Nous économisons plusieurs dizaines de milliers d’euro par an : les plaquettes de bois pulvérisé que nous brûlons coûtent moins cher que le mazout (dont le prix augmente très fort actuellement) et nous vendons l’eau chaude produite aux privés à un prix indexé sur le prix du mazout, moyennant une décote de 10%.
Et en terme d’impact sur l’environnement ?
Comme nous utilisons un combustible renouvelable, nous évitons ainsi l’émission de 400 tonnes de CO2 par an.
Envisagez-vous de nouveaux développements ?
Nous sommes une commune forestière et nous nous avons lancé l’initiative pour nous associer avec les communes de Wellin et Paliseul pour développer une plateforme transcommunale de stockage et de séchage de plaquettes de bois. Nous pourrons ainsi valoriser nos propres bois, ce qui sera plus intéressant financièrement que d’acheter les plaquettes à un fournisseur.
Vous participez à ce projet depuis son origine, vous avez parfois eu du mal à convaincre ?
Les réactions de la population et du conseil communal ont toujours été positives à l’égard du projet : les gens sont satisfaits de voir qu’on valorise une ressource locale, que c’est rentable financièrement et que nous faisons un geste pour la planète.
La commune a du faire des investissements importants pour ce projet ?
Nous avons investi 1,3 million € por la chaufferie et le réseau de chaleur. Nous avons bénéficié de subventions de la Région wallonne. La plateforme bois représente un investissement de 320.000 €.
Le seuil de rentabilité est déjà atteint ?
Pas encore, mais c’est pour bientôt : nous espérons avoir récupéré la part de la commune dans l’investissement après 3 ans.
L’organisation de la collecte du bois a-t-elle d’autres retombées pour Libin ?
En tant que commune forestière, nous valorisons une partie des 6000 ha de bois communaux dont nous sommes propriétaires principalement pour le bois de menuiserie et le du bois de chauffage. La chaufferie au bois nous donne la possibilité de valoriser les rebuts qui, à ce jour, sont laissés dans la forêt. C’est donc tout bénéfice pour notre commune.
Jean Louis Georges habite à Anloy, à quelques kilomètres de Libin.
« Je suis propriétaire de deux appartements et de trois locaux commerciaux à Libin. Ils sont tous raccordés à la chaufferie de la commune. Il y a eu quelques réglages à faire les premiers mois, mais ça fonctionne parfaitement maintenant. Nous sommes les plus éloignés de la chaudière pourtant… Il y a un avantage écologique évident, mais c’est aussi plus facile pour les locataires : ils payent leur chauffage directement à la commune, plus besoin de leur facturer les charges. Et c’est moins cher ! »
Vous aussi vous avez mis en place un projet qui fait bouger les choses ? Vous connaissez une ville, une association, un groupe d’amis qui se mobilisent pour l’environnement, l’écologie ou le développement local ? Contactez-nous et présentons ensemble cette initiative.

Commentaires 3 Laisser un commentaire
Très instructif
ANNA - 21/03/2011 - 10h42Intéressant....Cela dit, pour se chauffer au bois il faut détruire des forêts.... sur du long terme ce n'est pas non plus la solution adéquate!
TOUS AU VERT - 21/03/2011 - 16h21@Anna L'initiative de Libin est surtout intéressante parce qu'elle remplace un combustible fossile importé (le mazout), par un combustible local (le bois). Il y plus de 6 000 hectares de forêts communales à Libin et le bois utilisé pour le chauffage est essentiellement constitué de chutes et de bois de moindre valeur. Plus de chauffage au bois peut aussi permettre le développement de la sylviculture, pourquoi pas de replanter des arbres! Le bois est un combustible intéressant à plus d'un titre puisque les arbres absorbent du CO2 avant d'être coupés... Le rendement énergétique est intéressant si l'on utilise la combustion secondaire (en brûlant les gaz et pas uniquement les bûches comme dans nos cheminées). Il faut pour cela des appareils adaptés (assez coûteux), c'est un des freins au développement de ce combustible.
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