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Equipe Tous au Vert 26 novembre 2011 Commenter 0 Partager

Les damnés de la terre
L’errance des réfugiés du climat

A quelques jours de COP17, le sommet des Nations Unies sur l’environnement, qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre 2011 à Durban, la question des réfugiés climatiques revient en pleine lumière.

Si tout le monde est familier avec le concept de réfugié climatique, la définition et le décompte de ces populations, déplacées non plus par la famine, la guerre ou les totalitarismes, mais bien par l’évolution et l’impact du climat, restent complexes.

Les dommages causés à la planète sont aujourd’hui évidents. Le Conseil pour la Coopération Economique du Pacifique (PECC) s’en inquiétait par la voix du président de son comité pour la Nouvelle-Calédonie aux micros de l’Agence France Presse : bien que les îles du sud Pacifique participe relativement peu aux émissions de gaz à effet de serre, il suffirait d’une hausse d’un mètre du niveau des océans pour qu’un quart des 10 millions d’habitants que compte l’Océanie soit menacé.



Tout comme aux Maldives, les atolls et archipels océaniens pourrait tout simplement disparaître. Obligeant les populations à émigrer massivement.

On a longtemps avancé le chiffre de 50 millions de réfugiés climatiques à l’horizon 2010. Une mesure basée sur les travaux de Norman Myers pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), datant de 1995. Cette étude estimait le nombre de réfugiés climatiques à l’époque à 20 millions et en prévoyait 200 millions en 2050. Mais, comme le rapporte un article du New Scientist, s’il est facile de reconnaître un réfugié climatique quand il fuit une île engloutie, on fait plus difficilement le lien quand il s’agit d’un exode de paysans chassés par la sécheresse. Ne sont-ils pas des réfugiés économiques ?

On comprend bien la tentation de classifier au maximum les populations en détresse dans des cases n’obligeant pas les nations du nord à les accueillir. Mais force est de constater que l’augmentation des températures à l’échelle mondiale précarise les plus démunis. Il s’agit donc bien d’une cause environnementale qui induit des problèmes économiques.

Reprenant les conclusions du Climate Vulnerability Report 2010, un article du magazine canadien La Presse, recense les cinq pays les plus susceptibles d’être touchés :



Désertification ou inondations, ce sont bien des millions d’êtres humains qui sont concernés. Le haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Antonio Gutteres a lancé le 23 novembre une mise en garde aux membres du conseil de sécurité et a résumé la question du chiffrage du nombre de réfugiés climatiques sans ambigüité : « Il est inutile de poser la question simpliste sur le nombre de personnes qui seront déplacées par le changement climatique », a-t-il expliqué. « Nous devrions plutôt répondre à un problème plus complexe sur la façon dont le réchauffement de la planète, la montée du niveau des océans, les changements météorologiques et d'autres manifestations du changement climatique interagissent, voire renforcent, d'autres déséquilibres à l'échelle mondiale. Ces facteurs deviennent alors de puissants générateurs d'instabilité, de conflit et de déplacement de population. »

En attendant les résultats des discussions de Durban, et avant que nous n’ayons résolu le problème du réchauffement climatique, il faudra se poser la question de la prise en charge de ces réfugiés. A l’heure où de nombreux pays européens sont tentés par les discours populistes et la fermeture des frontières, on peut légitimement s’inquiéter des réponses qui seront apportées. 

Mots-clé : COP17, HCR, PECC, Antonio Gutteres, Norman Myers

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